Surfcasting : Ces petites criques qui ne payent pas de mine


INTRODUCTION
   Pour les adeptes du surfcasting, les quatre derniers mois de l'année se présentent souvent comme les plus propices a la prise de beaux poissons. Malheureusement ces mois peuvent être très venteux rendant les sorties difficiles .Souvent entre deux dépressions, un moment plus calme se dessine, hélas les spots habituels sont jonchés d'algues ce qui rend la pratique du surf encore plus difficile. Que faire ?

Des conditions impraticables...
La définition propre du surfcasting désigne en général une pêche pratiquée sur de grandes étendues sablonneuses, face au large en lançant ses lignes dans les premières vagues du bord.
Bien souvent et plus particulièrement en automne les aléas de la météo rendent cette pratique assez difficile.


Au point de devoir renoncer à notre partie de pêche ?
Tous les adeptes de cette pêche ont du un jour ou l'autre devoir remettre leur sortie à une autre soirée face à des éléments déchaînés, d'ou des vagues trop importantes voir des tonnes d'algues s'échouant sur l’estran ou encore un vent à décorner des bœufs.
Il n'est pas toujours facile de faire demi-tour, certains jours la passion l'emportant on en arrive à se dire « tant pis on va essayer ». S'ensuit de durs moments ou il faut redoubler de prudence et d'effort sans compter la casse inévitable au niveau du matériel , seul plus tard l'expérience du milieu halieutique nous ordonne sagement de plier bagage et d'attendre de meilleures conditions.
Il est des périodes ou l'on peut attendre longtemps , il arrive que les dépressions se succèdent les unes après les autres , les seuls moments calmes restant propices aux échouages d'algues et rendant la sortie dominicale encore impossible.

Une solution : trouver un lieu toujours praticable...
Rester chez soi tout en pestant les bulletins météos n'arrangera rien , cependant en cherchant bien, tout au long du littoral on trouvera de toutes petites criques bien abritées qui ne payent pas de mine , certaines d'entre elles se trouvant a l'intérieur même de certains estuaires.
A basse mer elles semblent pavées de roches couvertes d'algues à bulles, un chenal de sable relativement étroit peut mener vers des mouillages de bateaux, qui y trouvent un refuge relativement abrité.
Repérer ce genre de criques reste à la portée de tous, même si après quelques discussions avec des locaux il n'y a à première vue aucun intérêt à y planter des cannes.
Le principal restera d'essayer à la façon de St Thomas, qui ne croit que ce qu'il voit.

Aller en repérage de ces coins secrets...
Tout se jouera lors des grandes marées, seul un examen attentif des lieux vous permettra de déterminer des chenaux de sable larges de quelques mètres au plus , vous les retrouverez en général dans des échancrures le long de la côte. Le principal sera de bien prendre les points de repères et autres alignements pour les futurs lancers de nuit. Il vous faudra œuvrer avec précision.
Le balisage de la partie haute de l'estran pouvant être envisagé de façon très simple, ceci avec des matériaux récupérés sur place (galets, branchages etc..).

Coins non pêchés, car emcombrés...
Certains d'entre nous gardent dans le plus grand secret quelques spots, particulièrement abrités de la grosse houle du large avec quelques taches de sable dissimulées entre quelques forêts de fucus, permettant d'y placer un maximum de 3 cannes 2 heures avant la pleine mer. Ceux qui opèrent dans ce genre d'endroits le font en toute discrétion, le prix des places y étant des plus cher.
Certaines de ces criques ont pourtant de gros défauts, de par les nombreuses rocailles et autres algues, elles peuvent y abriter des norias de crabes verts qui déboetterons vos hameçons en moins de cinq minutes. Il faut vous dire qu'une telle concentration de crustacés ne peut laisser nos carnassiers marins indifférents du moins en fin de saison où la recherche de proies faciles devient primordiale avant le frai annuel.

Emcombrés, donc poissonneux : comment débusquer les poissons ?
Tout dépendra de l'encombrement des postes prospectés, mais en règle générale mieux vaudra opter pour la simplicité même. D'un montage traditionnel à 3 empiles vous en arriverez à opter pour un coulissant avec un traînard en 50/100 éme d'une longueur de 2 mètres.
Il vous faudra utiliser des esches très consistantes face au crabe qui font fureur dans ces petites criques, les languettes de calamar disposées en grosses bouchées sur un hameçon 5/0 conviendront à merveille pour des grosses bêtes affamées. Leur durée d'immersion pouvant alors tenir une demie heure.
Hormis la languette de calamar qui reste des plus agréables à utiliser, vous pourrez sur place vous procurer de petits crabes qui vous servirons d'appâts, en règle générale évitez les appâts trop fragiles qui ne nourrirons que les crabes.
Montage coulissantLe montage coulissant (photo) donnera plus de manœuvre au prédateur qui voudra s'emparer de l’appât. Il y a fort à parier qu'il s'en empare en le coinçant entre ses lèvres, et ensuite fait route tout en l'engamant.

Personnellement je préfère utiliser de gros plomb de 150 Grammes (voir schéma montage) qui ont l'avantage d'avoir une certaine inertie au fond de l'eau. L'astuce consistant à freiner le nylon lors de l'impact sur l'eau, ceci afin d'étendre le bas de ligne tel que l'on peut le pratiquer lors du lancer de buldo ou de leurres.
Par la suite dés lors que le plomb touche le fond , bien posé sur le sable l'on pourra encore ramener l'ensemble sur environ deux mètres histoire de tendre la bannière de la canne mais surtout d'étaler le montage bien à plat sur le substrat.
En règle général dans le seul but de faciliter l'engamage je vous conseillerais de relâcher le frein du moulinet au maximum (bobine bien libre), le poisson ressent ainsi très peu de résistance, l’on pourra même pousser le vice par temps très calme d’enlever le nylon du pick-up et le laisser libre de s'en aller à la moindre traction.

Le bar en particulier se saisit de l'appât, s'il ne sent que très peu de résistance, d'ou l'importance d'un nylon coulissant librement dans la plombée, s'en ira tranquillement avec son goûter s'en repaître à quelques mètres. L'idéal étant de laisser faire tout en surveillant votre bobine, puis n'hésitez pas à ferrer amplement le bar de votre vie sera peut être au bout. Surtout surveillez bien vos scions, car la moindre inattention vous risquez de rentrer bredouille.

Dés le départ d'un poisson, reprenez les réglages de votre moulinet, surtout bridez votre prise qu'elle n'aille pas se bloquer dans les rocailles des alentours ou encore ne se dirige pas vers des mouillages de bateaux.
Conserver toute son attention sur des cannes durant des heures est des plus fastidieux, en dehors des scions lumineux et des traditionnelles clochettes, la pince à linge placée directement sur le nylon en tête de scion garde un côté humoristique, mais on la voit bien avancer vers l'eau lors d'un départ.

Conclusion
Nombreux sont les pêcheurs à fréquenter ce genre de postes en automne , mais très peu d'entre eux vous révéleront que dans ces petites criques vous pouvez rencontrer de très grosses pièces toutes gavées de petits crabes.
Surtout n'hésitez pas, si vous êtes un adepte des pêches nocturnes, lorsque le temps est pourri et que l'océan devient démonté; les poissons eux aussi s'abritent et colonisent des endroits plus calme, la définition de surfcasting ne sera pas des plus appropriée mais le matériel utilisé pourra rester identique, de plus quelle sensation de repos que d'être à l'abri du vent et de la houle.
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